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Historique

L’AQDR cherche sa place à Lévis…

En 1997, les premiers pas en vue de la fondation d’une section de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) sur la Rive-Sud de Québec en a surpris plusieurs. Personne ne s’en souvenait mais il y avait bien eu, à l’occasion d’un grand rassemblement des organismes représentatifs des aînés en juin de l’année précédente, parmi les multiples vœux et projets adoptés par le Regroupement des Ainé(e)s en marche, une proposition de monsieur Maurice Boucher pour la fondation d’une section de l’AQDR. L’apparition de ce truc étrange dans le monde communautaire qui gravitait autour de la Maison des Aînés soulevait des interrogations, nous raconte-t-il.

N’avions-nous pas déjà la FADOQ et ses Clubs d’Âge d’or, l’AREQ, l’AQRP etc.? Et, pour rassembler tout ce beau monde, Le Regroupement des aînés en marche. ? Ce qu’il en a fallu des explications pour distinguer les objectifs poursuivis par l’AQDR des autres organismes ! Il nous fallait mettre en relief la défense des droits qui caractérisait notre organisation. Ce qui implique une approche plus revendicatrice, dénonciatrice, plus militante en somme.

Nous nous sommes donc adressés à la Maison des Aînés pour obtenir un petit bureau, à l’instar des autres organismes qui l’habitaient. On nous a offert un pupitre dans un bureau déjà existant qu’occupait un organisme voué à la protection des personnes handicapées. Plusieurs mois plus tard, alors que nous avions besoin d’un bureau administratif avec pignon sur rue, il n’y avait plus de place pour nous. Certaines mauvaises langues ont prétendu que nous faisions œuvre de mouton noir dans ce monde communautaire nous rappelle le président fondateur.

Heureusement, l’OMH de Lévis, en 2003, est venu à notre secours en nous hébergement gratuitement au sous-sol de l’un de ses HLM. En 2009, alors qu’un cambrioleur est venu perturber notre quiétude, nous songeons à déménager. À son tour, le Patro de Lévis, grâce à l’intervention du président, monsieur Alain Lavoie, nous offre gratuitement un très petit local au rez-de-chaussée. Enfin, nous sentons que nous faisons partie de la communauté, dans ce lieu fréquenté et habité d’histoire. L’exiguïté des lieux commandait cependant encore une relocalisation, ce qui est arrivé en 2011, grâce à l’intervention de madame Janet Jones, conseillère municipale. Nous remballons notre matériel et cette fois, au lieu d’un camion, c’est grâce à l’ascenseur que nous déménageons! Et hop au dernier étage que nous partageons avec la TRESCA, le Cercle des Fermières, les retraités de Desjardins… Nous voilà enfin, pour la première fois de vrais locataires avec un bail!

Au-delà de se loger…

La principale difficulté d’un organisme communautaire, excluant le financement qui ne correspond jamais aux besoins, c’est le recrutement de bénévoles. Par surcroît, c’est dans le monde des personnes retraitées que la mobilisation de bénévoles est le plus difficile. Il faut comprendre ces personnes qui ont tant rêvé à leur retraite, à la réalisation de leurs projets. Elles souhaitent la tranquillité, souvent bien méritée.

Heureusement, il existe un certain nombre de personnes retraitées qui n’hésitent pas à s’engager pour apporter leur contribution, si minime soit-elle, à aider les plus démunis, à combattre les inégalités, à combler des besoins et à améliorer le sort de leurs semblables. Selon monsieur Maurice Boucher, lorsqu’il est question de bénévolat dans une organisation comme la nôtre, nous n’avons pas à nous engager dans de grandes actions spectaculaires ou héroïques pour participer à la réalisation des projets. Les petites actions de chacun et chacune, ne serait-ce que l’expression de ses opinions sur la mise au point des actions collectives, multipliées par le plus grand nombre de personnes, peuvent apporter quelque chose de valable pour faire avancer notre cause.

Plus de 35 personnes se sont engagées au sein du conseil d’administration, du comité provisoire en 1997 jusqu’à aujourd’hui. Se sont joints à eux, plusieurs bénévoles qui ont apporté leur support dans diverses sphères d’action, à court, à moyen et à plus long terme selon le cas.

Le première employée embauchée comme coordonnatrice de projets, Martine Rodrigue, est arrivée en 2003. Le poste n’est devenu permanent qu’en 2008, alors que le financement à la mission de l’AQDR permettait enfin à l’AQDR une plus grande stabilité.

Heureusement, dans tous les grands projets qui ont été portés par l’AQDR Lévis-Rive-Sud, une constante apparaît: le partenariat. Il s’est avéré être le maillon le plus fort de toutes les entreprises visant le mieux-être des personnes aînées. Les partenaires sont omniprésents, dans nos groupes de réflexion, nos comités consultatifs, nos comités permanents et partie prenante de certains de nos programmes. D’autre part, l’AQDR porte le même souci envers ses partenaires. Elle est présente là où sont les besoins et se prête volontiers aux demandes de participation et de collaboration.

La source et le pilier…

L’AQDR Lévis-Rive-Sud a pu compter sur un président fondateur hors du commun. « Un militant hors pair, dans tous les sens du terme. Ayant débuté sa carrière comme apprenti ferblantier à la Davie Shipbuilding au printemps 1952, sa curiosité naturelle l’a amené à s’intéresser rapidement à la vie syndicale. N’étant pas un homme de demi-mesure, il s’y est impliqué à fond. Il a été président du Syndicat de la Davie Shipbuilding, secrétaire-général du Conseil central de la CSN à Québec, directeur régional de la CSN au Saguenay-Lac-St-Jean, directeur de service et président de la Fédération de la Métallurgie (CSN).

Maurice Boucher a consacré les quinze dernières années de sa vie active à la CSN à la formation pédagogique de formateurs et formatrices soigneusement sélectionnés parmi des militants, militantes des conseils centraux. À la retraite, il est retourné sur les bancs d’école et a obtenu son diplôme de l’Université de Sherbrooke en Formation des adultes! »

Il ne faut pas s’étonner de voir jusqu’où il s’est impliqué ensuite dans tout ce qui concerne les personnes aînées à travers diverses organisations s’intéressant à leur qualité de vie. Et surtout comment ses actions ont influencé le développement de l’AQDR à Lévis.

Nous retraçons ses pas à travers les travaux dirigés par madame Daphné Nahmiash et son équipe de recherche de l’Université Laval, portant sur la qualité de vie des personnes âgées dans les résidences privées de la région de Québec. Initiée en 1999 par monsieur Boucher, alors président du Regroupement des associations d’aînés de la région de Québec.

L’originalité du projet en question tient à la collaboration de retraités eux-mêmes. Ceux-ci ont participé à la définition des critères indiquant une bonne qualité de vie, et ont eux-mêmes conduit les entrevues auprès des gens hébergés et des propriétaires de résidences privées qui ont accepté de collaborer à l’étude.

Nous retrouvons ici une partie de ce groupe d’aînés entourant madame Daphné Nahmiash lors de la publication des résultats de cette démarche parue dans le Journal Le Soleil du 29 juillet 2001.

C’est en étudiant le Rapport de recherche que nous retrouvons la source de la majorité des chantiers de l’AQDR Lévis-Rive-Sud!

L’AQDR Lévis-Rive-Sud célébrait son 20e anniversaire en 2018, en présence du président fondateur monsieur Maurice Boucher et la présidente de l’AQDR nationale, madame Judith Gagnon.

De gauche à droite : Réjeanne Grondin présidente AQDR Lévis-Rive-Sud, Maurice Boucher président fondateur, Judith Gagnon présidente AQDR Nationale, Martine Rodrigue directrice générale AQDR Lévis-Rive-Sud.